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11.06.2026 11:48 AM
Le rapport sur l’inflation américaine de mai confirme les pires craintes du marché

Le dollar a légèrement progressé après que le rapport sur l’indice des prix à la consommation (CPI) de mai a confirmé les pires craintes du marché. L’inflation aux États-Unis a accéléré à 4,2 % sur un an — son plus haut niveau depuis le début de 2023. Sur un mois, les prix ont augmenté de 0,5 %. Les salaires horaires réels moyens ont reculé de 0,7 % sur un an — leur plus forte baisse en plus de trois ans. Tout cela indique que les Américains s’appauvrissent sur fond de confiance des consommateurs au plus bas historique.

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Plus de la moitié de la hausse de l’indice global des prix à la consommation (CPI) est imputable à l’énergie — l’essence a bondi de 7 % sur un mois. Cela s’explique aisément : fermeture du détroit d’Hormuz, guerre avec l’Iran et prix du pétrole élevés. Cependant, le seul point positif du rapport concerne la mesure de base : en excluant l’alimentation et l’énergie, les prix n’ont augmenté que de 0,2 % sur un mois — en deçà des prévisions. Les prix des denrées alimentaires n’ont progressé que de 0,1 % ; le bœuf, les tomates et le fromage ont même reculé. Les prix des services de transport, des assurances santé et des voitures neuves ont également diminué. Cela offre à la Fed un argument formel en faveur d’une pause — mais un argument purement formel.

Le problème, c’est que même si la guerre prenait rapidement fin, les pressions inflationnistes ne disparaîtraient pas. Les économistes mettent en garde contre une vague d’effets de second tour : les perturbations sur le marché des engrais finiront par faire grimper les prix alimentaires, la hausse des coûts de transport se répercutera sur l’ensemble de la chaîne des biens de consommation, et il faudra des mois pour reconstituer les stocks de pétrole. En d’autres termes, la réouverture du détroit d’Hormuz n’apporterait pas un soulagement rapide aux budgets des ménages.

Il s’agit d’un scénario extrêmement délicat pour la Fed. La réunion des 16–17 juin — la première sous la direction de Kevin Warsh — a de fortes chances de se conclure par une pause compte tenu des incertitudes géopolitiques. Pourtant, les marchés anticipent déjà une hausse des taux d’ici la fin de l’année, et le rapport de mai n’a fait que renforcer cette conviction.

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L’inflation de base, inférieure aux attentes, laisse à Warsh une certaine marge de prudence, mais un IPC global à 4,2 %, combiné à une baisse des salaires réels, constitue un mélange toxique sur les plans politique et économique.

Tout cela laisse penser que, malgré une légère reprise de la demande pour les actifs risqués, le dollar américain devrait encore rester recherché par les grands intervenants et participants de marché.

Miroslaw Bawulski,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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