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Les statistiques commerciales de l’Allemagne et de la France illustrent parfaitement une situation où l’on dispose de nombreux chiffres, mais d’aucun signal clair pour la monnaie. Les exportations allemandes ont reculé de 0,8 % sur un mois, tandis que la croissance annuelle est restée à 6,1 %, mais les importations ont plongé de 5,7 %. L’excédent commercial s’est creusé à 21,3 milliards d’euros, ce qui, à première vue, ressemble à une réussite. Toutefois, il est important d’examiner ce qui se cache derrière ce chiffre, et c’est là que les choses deviennent préoccupantes. L’excédent ne s’est pas accru parce que les Allemands ont commencé à vendre davantage à l’étranger, mais parce qu’ils ont fortement réduit leurs achats.
La France a évolué dans la direction opposée. Son déficit commercial s’est creusé de 0,9 milliard d’euros pour atteindre 6,7 milliards d’euros après l’amélioration observée en juin, l’élargissement du déficit étant dû à la hausse des importations d’équipements de transport et de voitures. Il en ressort un tableau intéressant. Les deux plus grandes économies de la zone ont produit des résultats divergents et, le marché étant incapable d’en extraire un récit unique et cohérent, il a tout simplement ignoré les deux publications. C’est une leçon utile pour les débutants. Les données font bouger une devise non pas au moment de leur publication, mais lorsqu’elles permettent de tirer une conclusion claire. Des signaux contradictoires étouffent la réaction du marché.
La même situation que lors de la séance précédente s’est répétée pour la livre. Les acheteurs ont, une fois encore, tenté de franchir la grande zone de résistance à 1,3545 et, une fois encore, échoué. Deux échecs consécutifs au même niveau nous indiquent quelque chose de très net. Il n’y a pas de véritable intérêt acheteur derrière les haussiers et, sans catalyseur fondamental solide, une telle résistance ne peut être franchie d’elle‑même.
Dans la seconde moitié de la journée, l’indice NFIB Small Business Optimism et les chiffres du crédit à la consommation seront publiés. Aucun de ces indicateurs n’appartient à la catégorie des indicateurs de premier plan, et l’on ne doit donc pas s’attendre à une forte réaction du marché. Cependant, le contexte plus large modifie la portée de ces deux chiffres.
Momentum, Breakout Trading
L’idée est qu’il existe des grappes d’ordres autour de certains niveaux et qu’une fois ces ordres déclenchés, le prix gagne en momentum.
Pour l’euro, le niveau de travail supérieur a baissé avec le marché et se situe désormais à 1,1617. Une cassure de ce niveau pourrait entraîner une hausse en direction de 1,1635 et, si le mouvement évolue favorablement, jusqu’à 1,1657. J’envisage ce scénario en cas de faiblesse des données NFIB, qui pousserait le dollar à rendre une partie de ses gains et donnerait à l’euro une chance de se reprendre après la baisse d’hier. La borne inférieure est à 1,1598. Une cassure sous ce niveau pourrait entraîner des ventes d’euro en direction de 1,1584 puis de 1,1568. Je considère qu’il s’agit du scénario principal en cas de solidité des données américaines, car l’euro dispose actuellement de peu d’arguments en sa faveur, tandis que les anticipations avant la réunion de la BCE sont plus susceptibles de freiner les acheteurs que de les soutenir.
Les niveaux pour la livre restent inchangés, ce qui est en soi significatif, car la paire évolue dans la même fourchette depuis trois jours consécutifs. Une cassure de 1,3545 ouvrirait la voie vers 1,3573 puis 1,3596. Il convient de noter qu’il s’agit du même niveau depuis lequel la livre a déjà été repoussée à deux reprises, et une troisième tentative sans catalyseur externe semble incertaine. Si la cassure se produit et qu’elle est soutenue par de mauvaises données américaines, le mouvement pourrait être important, car un volume considérable d’ordres stop s’est accumulé au‑dessus de ce niveau, provenant de traders qui ont vendu sur résistance. Le niveau de référence inférieur est à 1,3521, une cassure en dessous visant 1,3501 puis 1,3480. Compte tenu des deux tentatives avortées de hausse, je considère aujourd’hui le scénario baissier comme le plus probable.
Mean Reversion, Trading on a Return
Dans ce cas, on se positionne contre ceux qui se sont déplacés trop vite. Le prix dépasse un niveau, ne parvient pas à susciter un intérêt acheteur ou vendeur significatif, puis revient en arrière, la clôture des positions perdantes renforçant le mouvement de retour.
Pour l’euro, la borne supérieure se situe à 1,1625. Je privilégierais les positions vendeuses non pas lorsque le prix dépasse ce niveau, mais après une tentative avortée de consolidation au‑dessus de celui‑ci et un retour en dessous. Le niveau de référence inférieur est à 1,1597, où la logique inverse s’applique : des positions acheteuses peuvent être envisagées après une cassure manquée en dessous de ce niveau. Notez que 1,1597 est situé quasiment juste à côté du niveau de breakout de 1,1598, ce qui crée une situation qui demande une attention particulière. La même zone de prix présente deux scénarios opposés ; ce qui importe, ce n’est donc pas le simple fait que le niveau soit touché, mais la façon dont le prix se comporte ensuite. Une consolidation en dessous du niveau suivie d’un mouvement de continuation plaide en faveur du scénario de breakout. Une brève cassure sous le niveau suivie d’un retour rapide au‑dessus est plutôt favorable aux positions acheteuses. Pour un débutant, il est plus raisonnable, dans une telle zone, de laisser passer la réaction initiale et d’attendre que la situation se clarifie, plutôt que d’essayer d’en prédire l’issue.
Pour la livre, le niveau de référence supérieur est à 1,3546 et le niveau inférieur à 1,3511. Le niveau supérieur coïncide presque avec la résistance qui a déjà rejeté les acheteurs à deux reprises, ce qui rend le scénario de retour à la moyenne plus convaincant. Si la livre repasse au-dessus de ce niveau aujourd'hui et échoue une nouvelle fois à s'y maintenir, cela constituerait un troisième rejet consécutif, et de telles séquences se terminent généralement par un mouvement en direction de la borne inférieure de la fourchette. À 1,3511, j’applique la logique inverse, en recherchant des positions longues après une tentative infructueuse de pousser le marché plus bas.
À mon avis, l’euro devrait rester orienté à la baisse au cours des prochaines séances, car les statistiques de la zone euro n’apportent pas de soutien aux acheteurs, tandis que la réunion de la BCE est déjà intégrée dans les cours. Pour la livre, je n’exclurais pas un repli vers la borne inférieure de la fourchette, car la paire a épuisé ses tentatives de progression et dépend désormais entièrement de la faiblesse du dollar, alors que les données publiées aujourd’hui aux États-Unis ne devraient vraisemblablement pas fournir de raison suffisante pour une telle faiblesse.