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11.06.2026 12:26 AM
EUR/USD : que révèle le rapport sur l’IPC américain de mai ?

Presque tous les composants de l’indice des prix à la consommation (CPI) publiés mercredi ont été conformes aux attentes, reflétant une accélération de l’inflation globale et de l’inflation de base en rythme annuel. À première vue, cela semble constituer un avantage important pour le dollar américain, mais les acheteurs de dollar hésitent à en tirer parti. Nous aborderons plus loin les raisons d’une telle réaction, mais pour l’instant, analysons la publication d’aujourd’hui. Dès que l’actualité géopolitique passera au second plan, les facteurs fondamentaux « classiques » reviendront sur le devant de la scène, en particulier le CPI, l’un des principaux indicateurs de l’inflation.

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Selon les données publiées, l’indice global des prix à la consommation (CPI) en variation mensuelle a reculé à 0,5 %. Il s’agit, fait notable, d’une tendance baissière pour le deuxième mois consécutif après un pic à 0,9 % en glissement mensuel en mars. En glissement annuel, en revanche, le CPI global affiche une dynamique opposée, bondissant à 4,2 % en mai. C’est son niveau le plus élevé depuis mai 2023. L’inflation globale accélère ainsi pour le troisième mois d’affilée (à titre de comparaison : en février de cette année, le CPI global s’établissait à 2,4 % en glissement annuel).

L’indice des prix à la consommation de base, hors alimentation et énergie (Core CPI), a ralenti encore plus fortement que prévu (c’est le seul composant du rapport qui s’est retrouvé en « zone rouge »). Au lieu du repli anticipé à 0,3 %, la mesure est tombée à 0,2 % en glissement mensuel. Dans le même temps, le Core CPI annuel progresse de manière soutenue pour le troisième mois consécutif, atteignant 2,9 % en mai (son plus haut niveau depuis septembre dernier).

La structure du rapport montre que le principal moteur de la hausse de mai a été, sans surprise, le secteur de l’énergie, qui a représenté plus de 60 % de l’augmentation totale de l’indice sur le mois. La progression mensuelle de l’ensemble du secteur de l’énergie s’est élevée à 3,9 % (après une hausse de 3,8 % le mois précédent), pour une hausse de 23,5 % en glissement annuel. Plus précisément, les prix de l’essence aux États-Unis ont augmenté de 7,0 % en mai, tandis que la hausse annuelle a atteint 40,5 %.

Cependant, malgré la flambée de l’inflation globale, l’indice de base (Core CPI) affiche une progression relativement modérée en rythme annuel. Comme indiqué plus haut, en glissement mensuel, il ralentit même. Cette dynamique tient à plusieurs facteurs. En particulier, le mois de mai a été marqué par un ralentissement des services liés au logement : la hausse mensuelle est revenue à 0,3 %, contre 0,6 % le mois précédent. En glissement annuel, la composante Shelter a augmenté de 3,4 %. Cela témoigne d’un refroidissement progressif de cet élément clé du CPI. Dans le secteur alimentaire, les prix ont augmenté de 0,2 % en glissement mensuel (3,1 % en glissement annuel), avec une hausse des prix Food-at-Home limitée à 0,1 %, tandis que les repas à l’extérieur ont progressé de 0,3 %. Le coût du transport aérien a augmenté de 2,7 %, et les services médicaux de 0,5 %. Parallèlement, en mai, les prix des voitures d’occasion ont reculé (-0,3 %) ainsi que ceux de l’assurance automobile (-1,7 %).

Que montre le rapport sur le CPI de mai ? Avant tout, il indique que la phase actuelle d’accélération des prix est largement alimentée par des facteurs externes, en premier lieu la composante énergétique. De son côté, le Core CPI affiche une progression relativement modeste, ce qui suggère qu’une inflation généralisée à la plupart des catégories de biens ne s’est pas encore matérialisée.

Il convient également de noter le ralentissement du CPI en glissement mensuel, alors même que les chiffres annuels accélèrent. La diminution du rythme de hausse mensuelle du CPI (global et de base) signale un affaiblissement de l’impulsion inflationniste actuelle. En d’autres termes, les prix ont augmenté en mai à un rythme plus lent qu’en avril, y compris dans les catégories sensibles à la demande. C’est le signe d’un apaisement progressif des pressions sur les prix. Cela concerne en premier lieu la mesure de base : le ralentissement à 0,2 % en variation mensuelle, extrapolé, correspond à une trajectoire menant vers 2,4–2,5 % en glissement annuel. Dans le même temps, l’accélération du CPI global en rythme annuel s’explique en partie par un effet de faible base de comparaison.

Dans l’ensemble, le rapport permet à la Federal Reserve de conserver une attitude attentiste sans prendre de mesures supplémentaires de resserrement de la politique monétaire, ni même durcir sensiblement sa rhétorique à court terme. C’est précisément pour cette raison que les opérateurs sur la paire EUR/USD ont pratiquement ignoré la publication. D’un côté, l’inflation reste élevée, mais de l’autre, sa structure n’est pas suffisamment « tendue » pour inciter le marché à réviser ses anticipations de taux.

En d’autres termes, le rapport de mai sur le CPI américain n’a pas renforcé le dollar, en dépit de la hausse des chiffres annuels. En réaction à la publication, la paire EUR/USD a effacé une partie de ses gains intrajournaliers, mais seulement d’une vingtaine de pips. Cela montre que les traders ont « pris note » du rapport sans toutefois lui accorder un poids décisif. L’évolution ultérieure des cours dépendra surtout des facteurs géopolitiques, en premier lieu de la dynamique des négociations entre les États-Unis et l’Iran. Tant que cette incertitude ne sera pas levée, la paire devrait continuer d’osciller dans la zone 1,1510–1,1580, où elle évolue pour la troisième séance consécutive.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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