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Les vendeurs de l’EUR/USD ont testé le seuil des 1,16 lundi, dans un contexte fondamental sombre et inquiétant. En plus de l’impact persistant du conflit au Moyen-Orient, une pression supplémentaire sur la paire provient de l’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et l’UE, à la suite des récentes menaces de Donald Trump d’augmenter les droits de douane sur l’industrie automobile européenne. Une nouvelle vague d’aversion au risque favorise le dollar, valeur refuge, qui est davantage recherché sur l’ensemble des marchés. Cette tendance semble partie pour durer, au moins à court terme. Si Trump ne surprend pas une nouvelle fois les marchés avec une « stratégie TACO », la paire EUR/USD restera sous une forte pression.
Commençons par le « dossier iranien ». Malheureusement, la situation est encore loin de la désescalade. Les États-Unis et l’Iran maintiennent des contacts par l’intermédiaire de médiateurs pakistanais, mais n’ont pour l’instant conclu aucun accord. Deux propositions « concurrentes » sont sur la table des négociations, reflétant en réalité des positions mutuellement exclusives : les conditions posées par l’Iran sont inacceptables pour les États-Unis, tandis que les exigences américaines, à leur tour, ne conviennent pas à Téhéran. Washington insiste sur la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, sur des garanties de sécurité de la navigation et sur des restrictions de longue durée concernant le programme nucléaire iranien — allant jusqu’à une interdiction totale de l’enrichissement. De son côté, la partie iranienne exige la levée de toutes les sanctions, la fin du blocus naval américain et le retrait des troupes américaines de la région. Selon les représentants iraniens, les négociations actuelles doivent porter exclusivement sur les conditions de fin de la guerre, et non sur le « dossier nucléaire ».
Trump a déjà qualifié le nouveau plan de négociation de l’Iran d’« inacceptable ». Dans le même temps, il a déclaré que les représentants américains menaient des négociations « très positives » avec Téhéran.
En outre, selon le président américain, les forces américaines commenceront cette semaine à escorter les navires civils bloqués dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a déjà critiqué cette déclaration. En particulier, le président de la commission de la sécurité nationale au Parlement iranien a indiqué que l’intervention américaine dans le transport maritime de la région « sera considérée comme une violation du cessez-le-feu ». Il a souligné que toute tentative d’influer sur le nouvel ordre dans le détroit « provoquera une riposte ».
Autrement dit, la situation demeure extrêmement tendue et contradictoire. D’un côté, les négociateurs échangent, par l’intermédiaire de tiers, des propositions qui traduisent une volonté formelle de dialogue et le désir de maintenir un processus de négociation actif. De l’autre côté, les pays continuent d’échanger une rhétorique dure et belliqueuse, ce qui témoigne de l’absence de véritable progrès dans les pourparlers. En particulier, des représentants des Gardiens de la révolution islamique ont averti qu’ils étaient prêts à reprendre des hostilités de grande ampleur en cas d’échec total des efforts diplomatiques. Les États-Unis, pour leur part, affichent également leur disponibilité à revenir à un scénario militaire, en maintenant une présence navale significative près des frontières iraniennes.
Ainsi, le facteur moyen-oriental continue de soutenir la demande pour les valeurs refuges — y compris le dollar.
Une autre source de risque réside dans la montée des tensions commerciales entre les États-Unis et l’UE. Pour rappel, le 1er mai, Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient relever les droits de douane sur les véhicules de tourisme et de fret en provenance de l’UE de 15 % à 25 %. La Maison-Blanche a accusé l’Union européenne de ne pas respecter les termes d’un accord commercial conclu en Écosse en juillet de l’année dernière. D’après la partie américaine, Bruxelles fait délibérément traîner le processus de ratification de l’accord conclu. Il est important de noter que l’UE n’a toujours pas supprimé les droits de douane sur les produits industriels américains importés (comme prévu par l’accord des deux parties), alors que neuf mois se sont écoulés depuis la signature de l’accord de Turnberry.
En réponse, le président de l’Eurogroupe, Kyriakos Pierrakakis, a déclaré que l’UE prendrait des mesures de rétorsion si Trump mettait ses menaces à exécution et relevait effectivement les droits de douane sur les voitures européennes.
Cependant, à ce jour, la situation reste dans l’expectative. Trump n’a pas encore signé le décret de relèvement des droits de douane, tandis que les Européens indiquent qu’ils accélèrent la mise en œuvre des « accords de Turnberry ». Plus précisément, selon Reuters, le Parlement européen et le Conseil de l’UE poursuivront à partir de mercredi, soit dans 2 jours, des négociations visant à réduire les droits de douane sur les importations de produits américains. Mais la réussite de ces négociations et la décision de Trump d’en attendre les résultats restent encore incertaines.
Ainsi, le sentiment baissier dominant sur la paire EUR/USD est solide et pleinement justifié. Toutefois, bien que les vendeurs testent activement le niveau de support à 1,1690 (la ligne médiane de l’indicateur Bandes de Bollinger sur l’unité de temps W1), ils n’ont, jusqu’à présent, pas réussi à s’installer durablement dans la zone des 1,16 — en grande partie en raison des incertitudes persistantes entourant à la fois le « dossier iranien » et la politique commerciale américaine. Dans ce contexte, il est raisonnable d’envisager des positions vendeuses sur les corrections techniques, avec un premier (et pour l’instant unique) objectif de baisse fixé à 1,1690.